Édito : une ambiance très électrique !

January 22 2020

A l’image de l’automobile, les pays nordiques s’en sont fait une vraie spécialité. Objectif avoué : investir les plans d’eau désormais (ou bientôt) interdits aux moteurs thermiques. Car à terme, de nombreux lacs et rivières d’Autriche, Suisse ou Allemagne seront exclusivement réservés aux bateaux propres. Même philosophie au pays de l’Oncle Sam. En Amérique du nord, le marché des plans d’eau intérieurs est colossal et même si les gourmands V8 hors-bords essence font encore les choux gras de la plaisance, un Tesla du nautisme pourrait bientôt éclore…

Fondé en 2016 par Konrad Bergström, un entrepreneur suédois qui a fait fortune dans la distribution des casques et enceintes Marshall, la société X-Shore tente de s’engouffrer dans la brèche. Non sans un certain succès d’estime. Au Boot de Düsseldorf, deux bateaux électriques de cette marque avant-gardiste tenaient la vedette : l’Eelord 6000 et une nouvelle version de l’Eelex 8000. Ces derniers embarquent un système de propulsion et des matériaux de construction en mode « développement durable ». La coque légère des bateaux économise jusqu'à 35% de l'énergie normalement requise, même à faible vitesse, les ponts des esquifs sont en liège et leurs batteries lithium-ion offrent jusqu'à 100 milles d’autonomie.

En voisin de ponton, le chantier Candela, d’origine lui aussi suédoise, mise sur deux technologies dans l’ère du temps : le moteur électrique et les foils. Leur bateau volant de 7,70 mètres en fibre de carbone a réussi à parcourir la distance record de 50 milles nautiques, à une vitesse moyenne de 22 nœuds. A plus de 20 nœuds, le Candela Seven annonce pouvoir voler durant deux heures pour un coût total d’environ 7 euros. En théorie.

Autre monde, le tourisme fluvial est aussi dans la boucle. Exposée au Boot, la péniche « S » des Canalous est entièrement électrique et navigue sur les canaux en Alsace, dans un calme olympien, où un projet pilote a permis d’installer plusieurs bornes de recharge rapide. Plusieurs initiatives de ce type voient le jour et chacun y va de son petit bateau à propulsion électrique, en collaboration avec des motoristes et fabricants de batterie. Les amateurs de glisse trouvent aussi leur compte en surfant sur des planches à propulsion électrique pour naviguer vite et bien, dans un vrai silence de cathédrale.

A l’instar du salon nautique de Düsseldorf, il devient donc urgent de s’intéresser à cette tendance verte et de ne plus considérer ces nouveaux bateaux ou engins propres comme de simples « coups marketing ». Rendez-vous est pris pour nos premiers essais du printemps !