X Shore

Nautic. En silence, le bateau aussi passe à l’électrique

December 09 2018

C’est plus cher mais sans bruit et moins polluant. Beaucoup de progrès dans l’autonomie des batteries. Du pédalo à la vedette rapide, l’offre se développe sérieusement.

« Avec ce bateau de 24 pieds (8 m), on atteint les 28 nœuds, soit 50 km/heures » , assure Jean-François Herry, importateur à Lorient du bateau danois Rand. Quasiment les performances d’une vedette classique. Mais sans utiliser d’essence. Et donc en polluant moins.

En pleine époque de « transition écologique », l’énergie électrique a plutôt la côte. C’est vrai aussi dans le bateau. Surtout que les récents progrès en termes de puissance et d’autonomie de batteries permettent de proposer de nouvelles gammes : plus seulement des péniches fluviales ou des petites embarcations touristiques sur lac.

«Le Rand, c’est un vrai «cruiser »», confirme Jean-François Herry. Avec six heures de navigation possible à la vitesse de 15 nœuds, il permet de belles sorties en mer. « Tous mes clients utilisent déjà une solution de mobilité électrique, en général la voiture, constate l’importateur. Ils sont convaincus.» 

Le confort du silence

Au salon nautique, porte de Versailles à Paris, le secteur se taille une jolie place de VIP. « C’est l’avenir, chaque année on augmente la surface » , calcule Xavier de Montgros, président de l’Association française pour le bateau électrique. Il accompagne une vingtaine d’exposants. Tout un panel d’embarcations très variées. « Il était temps que l’électrique se développe ! Pourtant, le premier bateau date du 19e siècle. Mais il a vite été éclipsé par le thermique. Depuis quelques années, les préoccupations environnementales le remettent sur le devant de la scène. Pas de rejet dans l’eau ou dans l’air. Les composants des batteries ? On envisage désormais des perspectives de 2e vie puis de recyclage final. »

Les professionnels vantent, aussi, le «confort». Ce silence qui permet, comme sur un voilier, de trouver le calme et de profiter de nouveau de la nature. « Sans bruit, on s’approche au plus près des oiseaux » , raconte Anthony Morley, commercial chez Saviboat. « Nos bateaux voguent autour des Châteaux de Chambord et Chenonceaux, ou dans le golfe du Morbihan. » 

Dominique Renouf n’en pouvait plus des vibrations, du bruit et de l’odeur du gasoil. Elle a fait construire en Belgique sa propre péniche entièrement solaire. « À petite vitesse, on consomme peu d’énergie. »

Florent Vitiello, lui, n’y est pas venu par militantisme. « C’était juste la seule énergie envisageable pour concrétiser mon projet » , présente-t-il. Ceclo : un pédalo de luxe. Avec assistance, comme en vélo ; ou entièrement à moteur. « L’idée m’est venue en lune de miel aux Maldives. On minimise l’effort. Et tenez : un coffre pour les sandwiches et le tuba, et un emplacement pour poser son verre ! »

Avec un foil pour voler

Mais encore ? Un robot collecteur de déchets. Un jet ski pour enfants. Ou l’Overboat à foil, l’appendice qui fait décoller le bateau. Avec sa belle vedette en parquet bois, le Suédois X Shore allie technique et design. « Le modèle atteint les 40 nœuds de vitesse , assure Abozar Kya, responsable des ventes. Comme Tesla chez les voitures, on est pionniers. Les performances augmentent régulièrement.» Le 8 mètres coûte 220 000 €. Surcoût pas négligeable ? « A l’achat, cela peut être 30 % à 50 % plus cher, reconnaît le président de l’association des bateaux électriques. On économise ensuite sur la consommation de carburant et l’entretien. Pour un professionnel embarquant des passagers, cela peut se rentabiliser en quelques années. Pour un particulier, c’est moins vrai : la motivation est surtout liée à l’environnement et au confort. »

Source: Ouest-france.fr