Repenser Le Nautisme De Maniére Écoresponable Mais Avec Du Style - FRA - Followed Magazine

Appliquer au nautisme les enseignements du monde automobile, préserver l’environnement et les ressources de la planète, mais aussi désengorger nos métropoles bondées, sont les idées que l’entrepreneur suédois Konrad Bergström a mises en œuvre dans son étonnant bateau électrique Eelex 8000. Rencontre avec un businessman visionnaire.

ans, une allure de Viking et la nationalité qui va avec, Konrad Bergström ne passe pas inaperçu dans la marina de Palma de Majorque. Petit fils de marin, ce Suédois ne vit pas seulement trois mois de l’année ici, au bord de l’eau. Il a, comme il le dit très bien, une connexion très forte avec la mer. Déjà, en 1992, il avait déposé une marque (X Shore) et un concept de bateau à moteur plus sûr, un « safety boat » selon lui, voyant à l’époque les embarcations motorisées prendre de la puissance sans avoir de système de sécurité adapté. Sans investisseur, il avait remballé son projet et attendu quelques années. « Et puis j’ai vu Tesla prendre son envol, développer et profiter de nouvelles technologies, c’était le bon moment, comme il l’explique. Il faut toujours surfer sur une vague que quelqu’un d’autre a créée. » Nous sommes en 2012 et Konrad redéfinit totalement l’idée de son bateau X Shore : ce sera un canot 100 % électrique, haut de gamme, mais accessible grâce aux économies d’échelle. Entre-temps, l’homme n’était pas resté inactif. Impliqué dans son pays natal dans l’importation et la distribution de produits branchés, surfwear et streetwear, il avait déjà bien réussi. Mais c’est dans l’industrie du son qu’il a fait fortune, en montant la société Zound Industries qui vendra plus de vingt millions de casques audio nomades en moins de dix ans. Vous savez, avec Marshall écrit dessus. Il aura aussi connu la faillite, dormant quelques semaines dans sa Subaru, expérimentant tous les aspects de l’école de la rue dont il a suivi et même inventé des cursus. « Mon aventure dans le son m’aura appris qu’il faut toujours profiter des sauts technologiques pour lancer des business. Si la propulsion 100 % électrique fonctionne pour les voitures, ça doit être appliqué aux bateaux, où l’on a aujourd’hui des problèmes avec les odeurs de fumée, le bruit et les vibra- tions des moteurs thermiques. Dans une voiture, rien que le bruit des pneus couvre rapidement celui du moteur. Après, apparaissent les bruits d’air. Dans un bateau, il n’y a que le clapot de l’eau sur la coque pour masquer le moteur. Mais ça arrive assez tard. Avant, on souffre de ces moteurs essence... » Konrad tient son concept. En plus, cela colle à ses convictions : il faut préserver l’environnement, arrêter de puiser dans les ressources de la planète. Pour lui, l’avenir est aux énergies renouvelables, davantage hydroélectriques qu’éoliennes ou solaires, mais surtout pas fossiles. Avec un enjeu de taille : stocker cette énergie. « Je crois aux batteries, mais pas aux batteries au lithium. Nous aurons mieux dans peu de temps, mieux pour la planète. » X Shore est né !

Cette année, avec Abozar ,qui vient de l’industrie pétrolière et qui s’occupe des aspects financiers, et Ola, débauché chez Ikea et en charge de la production, ils comptent fabriquer, en Suède, entre 10 et 15 bateaux, dont 10 seront rapidement livrés à leurs clients. Ce sont des canots de 6,5 mètres de long (Eelex 6500) ou 8 mètres (Eelex 8000) 100 % électriques, développés avec Rolls-Royce, Storebro et l’université de technologie Chalmers de Göteborg, mais surtout modulables avec un système de rails au plancher pour y ancrer un toit, des sièges ou des banquettes. C’est pareil sous le plancher, où les batteries sont aussi modulables pour offrir plus ou moins d’autonomie. « Que cela soit pour l’aména- gement ou les finitions, on peut tout configurer en ligne, sur notre site. On veut vraiment proposer dans le nautisme ce que font les fabricants de voitures. Sur notre bateau, vous pouvez choisir du liège ou du

LE BATEAU ÉLECTRIQUE PEUT RÉVOLUTIONNER LE TRANSPORT ET LE TRAFIC EN VILLE SURFER SUR UNE VAGUE CRÉÉE PAR D’AUTRES

bois, ou même de l’aluminium pour les habillages, le nombre de places assises, si elles sont face à face ou les unes derrière les autres... Comme les options d’une voiture. » À date, déjà 150 clients potentiels ont rempli le formulaire en ligne pour configurer leur X Shore, avec un prix moyen proche des 300 000 €. Et 300 ont déjà sollicité un essai grandeur nature de cette embarcation d’un nouveau genre. « L’idée est double : arrêter de polluer les mers, et proposer une autre expérience de navigation. Évoluer en silence sur l’eau, ne pas déranger les oiseaux et les poissons, c’est quelque chose d’incroyable. Et puis imaginez ce que cela va donner, des bateaux taxis comme celui-ci, sur les canaux de Stockholm, sur la Seine à Paris, ou à Venise. Aucune émission, sonore ou polluante, un nouveau moyen de transport pour désengorger ces villes. » Avec son Eelex, Konrad ne vise pas seulement les amateurs de nautisme aisés qui veulent naviguer différemment. Dans sa cible, les hôtels haut de gamme qui veulent proposer autre chose, et à terme les municipalités disposant de voies fluviales, peu utilisées pour l’instant. Car il ne veut pas rester sur une cadence de quinze bateaux par an. Il ambitionne d’en délivrer 45 en 2020, puis 200 en 2021, 1000 et 2000 les années suivantes. « La montée en cadence réduira les coûts, comme dans le secteur automobile. Elle rendra les technologies abordables pour davantage de personnes... » Et il pourra dire, à ce moment-là, qu’il aura apporté sa pierre à l’édifice. Et nous l’aurons vu sceller la première

Source: Followed Magazine

Join our eElectric movement.

Get updates about X shore events, articles and product news to your inbox.

email*

name

phone

why are you signing up?

Potential buyer

Just curious about X shore

Press

I have read and accepted the terms & conditions