X Shore dévoile un bateau 100 % électrique pour une navigation responsable - FRA - Le Figaro

Bienvenue à bord. Le hors-bord rutilant exhibe fièrement son appendice floqué de la puissance de son moulin. En attendant la sortie du port à vitesse réduite, on devise sur la beauté du paysage. Puis, rugissant comme une horde de démons soudain libérés, les chevaux du moteur couvrent le chant des mouettes et les conversations. L’embarcation file dans un bruit d’enfer, tapant sa coque sur l’eau dans un son mât et les émanations d’essence. La situation est aussi délicate que faire de la motoneige dans le décor silencieux d’une plaine enneigée du nord du Canada. On se sent tout à coup odieux, irrévérencieux,... si loin des préoccupations écologiques.

C’est dans cette idée qu’un homme, amoureux de la nature et féru de technologie, a eu l’idée de créer la société X Shore afin de construire, dans un style minimaliste cher aux Scandinaves, Eelex, un bateau aux lignes épurées et respectueux de l’environnement. Issu d’une famille de marins et personnellement impliqué dans plusieurs programmes caritatifs de protection de l’environnement et de la vie sauvage, Konrad Bergström, est un personnage au parcours atypique puisqu’il a débuté sa vie professionnelle en vendant des planches à voile dans le magasin de son père pour fonder ensuite Zound Industries et s’impliquer dans Burton, Quiksilver, Urbanears, et Marshall. Notre homme, aux cheveux longs et à la barbe de Viking, est un entrepreneur.

Des experts à la manœuvre

À travers X Shore, Eelex est d’abord la réunion de plusieurs experts autour du même projet qu’ils considèrent d’avenir. Rolls-Royce (pour l’hélice), Storebro (pour la fabrication du bateau), le designer Glenn Karlsson mais aussi l’université de technologie Chalmers de Göteborg pour ne citer qu’eux, ont apporté leurs compétences pour réaliser un bateau hors normes proposé en deux dimensions: 6,5 mètres (Eelex 6 500) et 8 mètres (Eelex 8 000).

Sa coque extrêmement légère est dessinée et conçue pour capter, pendant son déplacement, l’air sur ses flancs créant ainsi de nombreuses bulles entre la coque et l’eau, assurant une meilleure glisse et une moindre consommation d’énergie.

Tout à bord est prévu pour être modulable, flexible, fonctionnel. Ainsi, à partir d’une base, il est possible d’aménager l’embarcation à son goût: nombre d’assises, transats, toit plat pour transporter un surf par exemple, jusqu’au choix des matériaux. Sous le plancher s’alignent, dans un enchevêtrement de fils, les batteries alimentant les moteurs électriques développant une puissance de 80 chevaux. De quoi viser les 25 nœuds de croisière et de parcourir jusqu’à 40 miles nautiques aux dires du constructeur. X Shore promet aussi des pointes à près de 40 nœuds au risque évidemment de perdre en autonomie.

Retentons alors l’expérience d’une petite balade en mer, mais cette fois à bord du Eelex. La sortie du port se fait dans un petit clapotis discret. Envoyons de la puissance. Le maigre son de la machinerie a du mal à contrarier le frottement du vent sur ses parois et le bouillonnement de l’eau battu par l’hélice. Poissons et oiseaux ne semblent nullement effrayés par cet équipage respectueux de leur habitat. Le bateau se fond dans la nature. On se plaît alors à l’imaginer se faufiler sur les canaux de Venise, glisser sur la Seine, ou accomplir une fonction de navette entre un hôtel de luxe et une île.

Commercialement, l’objectif de X Shore est de vendre 10 unités cette année, 45 dans les deux ans, 200 la troisième année puis 1 000 la suivante pour arriver à 2 000 la cinquième. À ce rythme, ils espèrent pouvoir faire chuter le prix de leur bateau de moitié. Quoiqu’il en soit, qu’on se le dise, l’avenir de la planète n’a pas de prix...

Source: Le Figaro

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